Andy Emler

compositeur et pianiste

ANDY EMLER, VOLTIGEUR TALENTUEUX
Andy Emler n’a pas exactement effectué la trajectoire classique du bon jazzman. Ce serait même plutôt l’inverse. D’abord, c’est à travers des cours de piano avec une organiste classique, qu’il connaît depuis qu’il est tout petit (il est né en 1958), qu’il découvre la musique. Assidu, il se forge à ses côtés une étonnante technique… classique. Ensuite, à l’adolescence, il est bien plus attiré par Genesis ou Led Zeppelin que par Miles ou Coltrane (qu’il n’écoute guère). Les groupes qu’il monte ressemblent plus à du rock-pop destructuré qu’à du hard-bop ou même du free. En fait, sa rencontre avec le jazz ne se fera… qu’au conservatoire! Et encore, de manière détournée. Car dans cette auguste maison, le jazz est bien évidemment encore presque banni. Mais, heureusement pour lui, Andy Emler a la chance d’y avoir comme professeur un des maîtres de la musique improvisée (musique baroque essentiellement) : Marius Constant. Ce n’est pas encore du jazz mais on s’en approche. Le «vrai jazz» (plutôt free quand même…), il en fera la connaissance grâce à son camarade de classe, Antoine Hervé, pour qui il se prend d’amitié. Ensemble, ils montent un duo piano-vibraphone remarqué (on est loin d’un quartet piano-basse-batteriesaxophone!).

Puis, enfin, un quintet! Là, ça y est, on y est : une guitare (Marc Ducret), une trompette (François Chassagnite), une basse (Philippe Talet) et une batterie (François Verly). Dans un esprit très baroque, Andy
Emler entend favoriser, avec cet orchestre, l’instrumentation spontanée et met en avant prioritairement la créativité et la personnalité de chaque musicien. Autrement dit, du jazz, oui, mais du jazz résolument tourné vers l’avenir! Parallèlement, il tient les claviers du big band de son ami Antoine Hervé (1984-1985). Et puis, en 1986, François Jeanneau, désigné par le ministère de la Culture pour diriger le premier Orchestre National de Jazz, le convie parmi la nouvelle génération de jazz hexagonal. Là, Andy Emler explose littéralement. Il compose pour l’orchestre deux pièces, aux noms qui en disent long sur leur caractère explosif : Superfrigo et surtout Motorcycle Nana.

En 1990, Andy Emler remet ça, dans un octet complètement déjanté : le Mégaoctet. Après une introduction au synthé, les huit jeunes compères (dont le chanteur basque à la voix ahurissante, Benat Achiary) enchaînent les improvisations impossibles en mélangeant le hard-bop nouvelle manière, le funk électrique et la musique traditionnelle espagnole. Deux CD inénarrables sont édités dans la foulée : Mégaoctet et Headgames (chez Label Bleu). Parallèlement, Andy Emler poursuit ses expérimentations dans des formations plus petites, aux côtés, notamment, de Michel Portal, Joachim Kühn ou Daniel Humair. De temps en temps, il compose une pièce magistrale, qui, tel son concerto pour tuba et orchestre à vent créé en 1996, Tubastone, feront toutes beaucoup de bruit (dans tous les sens du terme!). Quant à son Mégaoctet, il deviendra une formation à géométrie variable qui continuera d’accueillir tout au long de la décennie de jeunes prodiges prêts à en découdre avec l’improvisation.

 


À L'APOSTROPHE
♦ février 2005 Megaoctet à L'-Théâtre des Louvrais / Pontoise
♦ novembre 2005 Rencontre avec Michel Portal, dans le cadre de Jazz au Fil de l'Oise à L'-Théâtre des Louvrais / Pontoise
♦ novembre 2006 Solo à La Roche-Guyon
♦ décembre 2006 En trio à Franconville
♦ avril 2007 Chilhood Journey à L'-Théâtre des Louvrais / Pontoise
♦ juin 2007 Andy Emler jubile à L'-Théâtre des Louvrais / Pontoise