BADKE

KVS, Les ballets C de la B, A.M. Qattan Foundation
Une jeunesse palestinienne

Fondateur des Ballets C de la B, Alain Platel a semé dès 2001 les graines d’un rapprochement artistique avec des acteurs et danseurs palestiniens. Koen Augustijnen et Rosalba Torres Guerrero ont pris le relais et, avec la dramaturge Hildegard De Vuyst et le soutien d’une Fondation basée à Ramallah, ont fédéré dix jeunes artistes issus de différentes disciplines (danse classique, hip-hop, capoeira, cirque). Dans Badke, à travers les rythmes puissamment syncopés et les exhortations vibrantes de la musique de Naser Al-Faris, leur énergie s’oppose joyeusement aux pesanteurs intérieures et au sentiment d’oppression né de l’occupation et de la guerre. Une force collective qui porte fièrement, dans son flux vital, social et culturel, le désir d’appartenance au monde.

• durée estimée du spectacle : 1h

 


DANS LA PRESSE
« Un ouragan d’énergie, de sourires, de corps bondissants : Badke offre en une petite heure un étonnant moment de danse collective interprété par une dizaine de performeurs palestiniens.

Tout commence dans le noir avec le son des voix, des corps qui se déplacent, des pieds qui frappent le sol. Premiers balbutiements d’une danse qui, bientôt, va surgir en pleine lumière et nous entraîner dans un tourbillon de musique, de couleurs et de plaisir.

Cette danse trouve ses racines dans la tradition du Moyen-Orient. Badke est en effet une inversion du mot "Dabke", nom d’une danse folklorique pratiquée notamment dans les mariages et fêtes populaires au Liban, en Syrie, en Palestine… C’est aussi une danse pratiquée, de manière plus codifiée, par des groupes professionnels qui l’ont fait connaître dans le monde. Dans Badke, on met surtout en évidence le côté collectif de ce mode d’expression tout en le croisant avec des influences venues des quatre coins du monde. Capoeira, danse contemporaine, hip-hop, acrobaties circassiennes se glissent dans l’ensemble avec une fluidité parfaite.

La première force de Badke tient évidemment à ses vastes mouvements de groupe, pleins de vie, de joie, de fougue. Dans la salle, la musique irrésistible de Naser Al-Faris, montée en boucle par Sam Serruys, fait tanguer les spectateurs. Les pieds battent le sol des gradins et nombreux sont ceux qui rejoindraient avec plaisir la sarabande des neuf performeurs.

Mais au-delà de cet effet collectif galvanisant, Badke est parsemé de séquences plus intimistes, en solo, en duo, en trio. Le regard ne cesse de sauter d’un côté à l’autre de la scène pour tenter de tout suivre. On surprend alors des moments inattendus de tendresse, de plaisir mais aussi de douleur, d’affrontement, de solitude.

Ceux-ci prennent même le dessus quand, brutalement, la musique s’interrompt dans une série de crachotements tandis que les lumières s’éteignent d’un coup. Alerte, couvre-feu, coupure accidentelle de l’approvisionnement électrique? Les danseurs restent figés sur le plateau, lèvent les yeux au ciel, sortent peu à peu de leur torpeur et finissent par repartir de plus belle en se servant d’un distributeur d’eau fraîche comme d’un tambour et en remplaçant la musique enregistrée par les chants des uns et des autres.

Ce moment fragile, très beau, très émouvant, ne cesse ensuite de hanter le spectacle. Le plaisir revient, la danse redémarre ainsi que la musique mais une menace diffuse plane sur tout cela. Une menace que connaissent au quotidien les dix interprètes vivant dans un pays sous tension permanente. Mais une menace qu’ils parviennent à transformer en énergie positive à l’image de cette séquence très belle où tous tendent les mains devant eux, comme pour se protéger, avant de les tourner vers eux dans un geste d’invitation au partage qui relance encore et encore une danse décidément indomptable. »
Le Soir, Jean-Marie Wynants, septembre 2014


création et danse Fadi Zmorrod, Ashtar Muallem, Farah Saleh, Yazan Eweidat, Salma Ataya, Ayman Safiah, Samaa Wakeem, Mohammed Samahnah, Samer Samahnah, Maali Maali (aussi crée par Ata Khatab) • concept et création Koen Augustijnen, Rosalba Torres Guerrero, Hildegard De Vuyst • assistance à la mise en scène Zeina Zarour • bande sonore Naser Al-Faris, Sam Serruys • costumes Britt Angé • création et régie lumière Ralf Nonn • régie son Steven Lorie

Production KVS, Les ballets C de la B, A.M.  Qattan Foundation • coproductions Zürcher Theater Spektakel, Les Théâtres de la Ville de Luxembourg

programme de salle: 
PARTENAIRE(S)