CELUI QUI TOMBE

♦ INTERVIEW / Yoann Bourgeois sur la radio RGB 99.2 FM (déc. 2015)
Yoann Bourgeois
Instabilité maximale

On pourrait le qualifier de danseur d’acrobaties. Entre jeux de simulacre et jeux de vertige, Yoann Bourgeois met le corps au coeur de situations pour le moins instables. Dans Celui qui tombe, six intrépides (trois garçons et trois filles) embarquent sur une plateforme suspendue, qui craque de tout son bois à la moindre oscillation, laquelle va bientôt tanguer puis tournoyer sur un axe central. Bien difficile, dans ces conditions, de résister à la force centrifuge qui contrarie toute tentative d’équilibre. Sans paroles, c’est alors un autre genre de « drame » qui apparaît, où l’acteur, dit Yoann Bourgeois, « est vecteur des forces qui passent par lui. Il est traversé, il est agi par des flux qu’il traduit comme il peut. »

• durée estimée du spectacle : 1h05
 


LA PRESSE / MÉDIAS
Portrait de Yoann Bourgeois dans l'émission "L'humeur vagabonde" • par Kathleen Evin - France Inter - 23/11/2015
• "C'est l'idée de la chute qui guide le spectacle. Et pourtant quel envol ! Voici des hommes et des femmes en état de grâce, réunis par Yoann Bourgeois, qui témoigne une fois encore d'une intelligence sensible et magnifique du mouvement" • par Nathalie Yokel pour La Terrasse - septembre 2015

 


INTERVIEW
Quelle aura été la « piste » de départ pour cette création ?

« Avec ce projet, je cherche à approfondir une théâtralité singulière en radicalisant un parti pris : une situation naît d’un rapport de forces. La scénographie que j’ai conçue pour ce projet est un sol, un simple plancher mobilisé par différents mécanismes (l’équilibre, la force centrifuge, le ballant…). Six individus (sorte d’humanité minimale) seront sur ce sol, et tenteront de tenir debout. Ils réagiront aux contraintes physiques, n’initiant jamais le mouvement. C’est dans le corps à corps entre cette masse et telle ou telle contrainte qu’une situation apparaîtra. La multiplicité de principes physiques entraînera une multiplicité de situations. Les situations que j’appelle sont d’un statut tout particulier, disons : polysémiques. Je cherche à situer mon théâtre sur cette crête aiguë où la chose apparaît. »

Ta vision du cirque passe par la notion de « non-agir » plutôt que par la manipulation. Qu’est-ce que cette distinction te permet de dire ?
« Mon intention est d’affiner radicalement mon geste en misant sur l’acuité d’un principe essentiellement circassien : l’acteur est vecteur des forces qui passent par lui. Il est traversé, il est agi par des flux qu’il traduit comme il peut. Si ce geste est un geste de cirque, c’est aussi parce qu’il participe d’une représentation particulière de l’homme : de même que nous pensons que l’homme n’est pas au centre de l’univers, il n’y a pas de raison qu’il soit au centre de la scène. Sur ma piste idéale, l’homme coexiste sur un plan horizontal au côté des animaux, des machines, etc. sans les dominer. En repositionnant ainsi les choses, l’humanité me semble autrement bouleversante. »

Comment travailles-tu ?
« Nous avons créé notre compagnie pour maintenir un processus de travail permanent. Voilà quatre ans que celle-ci est née. À mes côtés, une petite équipe s’est engagée comme moi en misant à long terme. C’est notre rapport au temps que nous essayons de penser. Nous privilégions un processus expérimental, empirique. Nous inventons nos méthodes au fur et à mesure que nous avançons, elles ne préexistent pas. Nous aimons commencer par des esquisses. Certaines tiennent debout toutes seules et deviennent des numéros. Après quatre années de création, je vois aussi se dessiner quelque chose comme une constellation de petites formes gravitant autour d’une notion centrale : le point de suspension. J’ai voulu dernièrement donner un nom à cette recherche sans fin : « tentatives d’approches d’un point de suspension ». Je suis très attaché à une dimension de création vécue dans sa plus large amplitude. Ce sont d’abord des aventures de vie extraordinaires. Chaque projet artistique détermine son mode, son régime d’existence ».
Propos recueillis par Laurent Goumarre.

 


création Cie Yoann Bourgeois • conception, mise en scène scénographie  Yoann Bourgeois • assisté de Marie Fonte • interprétation  Mathieu Bleton, Julien Cramillet, Marie Fonte, Dimitri Jourde ou  Jean-Baptiste André, Elise Legros, Vania Vaneau ou Francesca Zivianni • lumière Adèle Grépinet • son Antoine Garry • costumes Ginette • réalisation scénographie Nicolas Picot, Pierre Robelin et Cénic Constructions • direction technique Pierre Robelin • régie générale David Hanse • régie plateau Alexis Rostain • régie lumière Magali Larché ou Julien Louisgrand • régie son Benoît Marchandremerciements Julien Clément, Boris Lozneanu et Vincent Weber pour leur regard complice, Caroline Blanpied, Aurélie Coulon, Emmanuel Robin, Christine Prato et le bureau de la Compagnie Yoann Bourgeois, la société Avab et l’ensemble des équipes de la MC2 de Grenoble.

production Cie Yoann Bourgeois • production déléguée MC2 /Grenoble • coproductions : MC2 / Grenoble, Biennale de la danse de Lyon, Théâtre de la Ville / Paris, Maison de la Culture de Bourges, L’hippodrome - Scène Nationale de Douai, Le Manège de Reims - Scène Nationale, Le Parvis - Scène Nationale de Tarbes Pyrénées, Théâtre du Vellein, La brèche - Pôle national des arts du cirque de Basse-Normandie / Cherbourg-Octeville, Théâtre National de Bretagne • résidence de création MC2 / Grenoble, La brèche - Pôle national des arts du cirque de Basse-Normandie / Cherbourg-Octeville • maîtrise d’œuvre et construction Ateliers de la Maison de la Culture de Bourges, Cénic Constructions, C3 Sud Est • soutien ADAMI, SPEDIDAM, Petzl • aide à la création DGCA, Conseil Général de l’Isère • aide à la Compagnie DRAC Rhône-Alpes, Région Rhône-Alpes. La Compagnie Yoann Bourgeois est conventionnée par la ville de Grenoble et bénéficie du soutien de la Fondation BNP Paribas pour le développement de ses projets.

programme de salle: