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ÉCOLE NATIONALE SUPÉRIEURE D’ARTS DE PARIS-CERGY

La création de l’école s’effectue parallèlement à la première grande réforme de l’enseignement artistique de 1973. Le monde des écoles d’art en France était très différent de celui que l’on connaît d’aujourd’hui. Organisées suivant un modèle imprégné d’académisme, les écoles dispensaient un enseignement segmenté, développant une approche de la création disjointe de la réalité et du foisonnement artistique de l’époque. C’est d’ailleurs en opposition et en réponse à cette situation jugée anachronique que sont nées les UFR d’Arts Plastiques au sein des universités dans le mouvement réformateur de l’après 68.

Pour faire évoluer les écoles, il est nécessaire de procéder à la définition d’une pédagogie nouvelle. L’enseignement doit s’envisager de manière transversale, favorisant le dialogue entre les différents champs de la création tout en permettant une approche spécifique des médias. Des unités pédagogiques mixtes associant plasticiens et théoriciens se créent pour appréhender la production contemporaine sous des éclairages multiples et complémentaires. Capables d’observer et de questionner le monde en pleine mutation, les écoles se conçoivent désormais en des lieux de recherche et d’expérimentation, permettant l’émergence de formes artistiques novatrices.

Pour travailler à la conceptualisation de ces innovations et à leurs mises en œuvre, une cellule associant artistes, chercheurs et enseignants est crée créée au sein du Ministère des Affaires Culturelles.

Sur le territoire de Cergy-Pontoise, l’installation d’une antenne de l’école spéciale d’architecture est planifiée. Son projet d’enseignement et de recherche doit s’articuler avec celui de la ville nouvelle. La venue des architectes n’ayant pu aboutir, l’État décide d’y implanter une école d’art, ce fut l’École Nationale Supérieure d’Arts de Cergy, première école diplômante à voir le jour en Ile-de-France, hors de Paris et dernière de ce type à être fondée.

 

UNE ÉNERGIE FONDATRICE
C’est dans ce contexte qu’un petit groupe d’enseignants particulièrement militants et volontaires (dont certains sont issus de la mission chargée de la refonte de l’enseignement artistique), s’installent sur le site pour concevoir et mettre en œuvre le projet de l’école. Elle est naturellement imaginée comme un laboratoire, un lieu profondément ouvert sur ce monde changeant, un espace de tous les possibles. Chaque année, l’organisation des enseignements se démonte pour se remonter l’année suivante.

L’effervescence qui régne à l’intérieur de l’école répond à l’intense activité du chantier de construction de la ville nouvelle. Sur ce territoire en pleine mutation et à la croissance rapide, l’école d’art invente une pédagogie nouvelle dont le projet de l’étudiant est désormais le centre. L’invention à l’œuvre dans les murs de l’école fait écho aux innovations architecturales et urbanistiques qui s’expérimentent au dehors.

Trente cinq ans plus tard, la renommée de l’école n’est plus à démontrer et elle peut être fière du très grand nombre d’artistes qu’elle a contribué à former. Ils sont ainsi nombreux à avoir construit des trajectoires singulières dans les domaines des arts visuels, du cinéma, du design, de la littérature. Absalon, Erik Samakh, Michel Hazanavicius, Jean-Charles Hue, Valérie Mrejen, Erwan Bouroullec, Loris Gréaud, Nicolas Moulin, Jean-Michel Othoniel ou Sylvain Rousseau, ne sont que quelques exemples de ces parcours.

L’enseignement dispensé à l’école a également conduit à la formation de professionnels aguerris. Particulièrement entreprenants et dynamiques, ils sont présents en France ou à l’étranger dans un vaste éventail de professions toujours en lien avec la création contemporaine dans le champ de la communication, de l’image, de l’enseignement ou de l’ingénierie culturelle.

Animés par une profonde exigence et dotés d’une très forte autonomie, les diplômés de l’école surprennent par leur maturité. Ces qualités sont le fruit d’une pédagogie en mode projet conduite par une équipe enseignante investie dans une réelle dynamique de recherche.

Elles sont également les conséquences directes de choix fondamentaux faits il y a déjà une vingtaine d’années. En premier lieu, la volonté de ne pas découper l’enseignement en option (communication, design, etc.), et d’ouvrir le plus largement possible les contenus dans le cadre d’une seule et même option Art.

Ensuite, la nécessité de responsabiliser l’étudiant vis-à-vis de son parcours. Après une première année conçue de manière linéaire et dont l’ensemble des contenus sont obligatoires, l’étudiant durant les années deux à cinq va construire lui-même son propre parcours en choisissant parmi les multiples propositions de cours, d’ARC et de studios.

Il s’agit d’une double transversalité à la fois horizontale (entre des domaines) et verticale (entre les années).

Une équipe de coordination composée de trois à cinq enseignants veille au bon déroulement de l’année et à l’équilibre des choix faits par l’étudiant. Elle est également vigilante à l’ouverture et la complémentarité des choix effectués d’une année sur l’autre. Parallèlement, l’équipe administrative accompagne les enseignants dans le suivi du projet de formation de chaque étudiant tout au long de son parcours.