JAZZ AU FIL DE L’OISE 2015

Présentation de l’édition

Fred Pallem, Hugh Coltman

Hugh Coltman ranime la voix de crooner de Nat King Cole, et Fred Pallem revisite l’inégalable répertoire de Neil Young. Un double et vivifiant hommage pour ouvrir l’édition 2015 de Jazz au fil de l’Oise, qui porte depuis près de 20 ans le jazz dans toutes ses sensibilités.

 

FRED PALLEM
Neil Young never sleeps
Sur les brisées de Neil Young, capable du folk le plus touchant comme de la tempête électrique la plus violente, le bassiste Fred Pallem, jazzman amoureux des télescopages musicaux, engage les cuivres du Sacre du tympan, son fameux big band rejoint pour l’occasion par Juliette Paquereau, la chanteuse du groupe pop Diving With Andy. Un tribute de grande tenue.

 

HUGH COLTMAN
Hugh Coltman, le plus francophile des songwriters britanniques, se souvient que sa mère faisait swinguer le tourne-disque domestique du côté du jazz, avec un faible pour Nat King Cole, crooner mâtiné de blues et de soul. En double hommage, maternel et musical, il ranime un répertoire où les standards ont parfois éclipsé des titres moins connus, mais tout aussi épatants.

• durée estimée de la soirée : 2h

 

 


>HUGH COLTMAN / LA PRESSE EN PARLE
« On est en 1947, au printemps. Le chanteur et pianiste Nat King Cole (1919-1965) est programmé au Lincoln Theater de Los Angeles. Eden Ahbez (1908-1995), cheveux longs, barbu, végétarien, hippie avant la lettre, se présente dans les coulisses avec une chanson qu’il souhaite lui soumettre. Le manager de Nat King Cole fait barrage. Ahbez traîne un peu, trouve quelqu’un d’autre pour faire passer la partition. Cette chanson, c’est Nature Boy. Nate King Cole la met à son répertoire, l’enregistre en août 1947. Le disque est commercialisé en mars 1948 et Nat King Cole, qui a déjà une bonne réputation, devient une star. Tous les crooners chanteront un jour ou l’autre Nature Boy avec en tête la version de Nat King Cole.

Cette histoire, Hugh Coltman la résume en quelques mots lors de son concert. Le chanteur britannique y présente un répertoire quasi entièrement dédié à celui de Nat King Cole. Avec des évidences, comme Sweet Lorraine, Mona Lisa ou Morning Star, et des chansons moins connues : Meet Me at No Special Place (And I'll Be There at No Particular Time), Are You Disenchanted ? En petite formation, dont le pianiste Gael Rakotondrabe et le guitariste Misja Fitzgerald Michel. Et avec une approche qui relie Nat King Cole à sa part de blues, de soul et de swing, que le grand public connaît moins bien que sa part romantique.

Nat King Cole, monument de la grande chanson américaine, bénéficie du talent de Coltman, de sa voix qui, par moments, évoque celle de Stevie Wonder dans les années 1970. Sur Smile, composition de Charlie Chaplin (1889-1977) pour le film Les Temps modernes (1936), Coltman emporte la mélodie vers une sorte d’apesanteur, un temps retenu. Le moment le plus intense d’une soirée qui aura été autant dans la délicatesse que dans l’emballement presque rock. Et de bout en bout, un propos tout en intelligence musicienne. »
Le Monde.fr – mars 2015

 

>FRED PALLEM / INTERVIEW
Que représente Neil Young pour toi ?
Neil Young, c’est une influence très ancienne. J’écoutais ça au conservatoire en classe de jazz quand j’avais 20 ans. Je n’en parlais pas trop à l’époque, parce que ce n’était pas très bien vu. Il fallait suivre une ligne de conduite et Neil Young était un peu mon jardin secret. J’ai toujours adoré la country et le bluegrass, Townes Van Zandt, John Hiatt, Dylan… Neil Young est venu un peu après. Avant ça, vers 14, 15 ans, j’avais lu dans un magazine qu’Harvest était un disque de référence du rock. Je l’ai acheté et j’ai trouvé ça pourri. C’était un disque folklorique (rires) ! Je l’ai rangé, mais je l’ai redécouvert quelques années plus tard.

Quel est le répertoire de Neil Young Never Sleeps ?
On ne reprend pas forcément les tubes. Quand je suis en charge d’un tribute, je ne fais jamais de best-of. J’essaie toujours de concocter un set avec les morceaux qui sonnent pour les bonnes personnes. J’ai demandé à chaque invité les morceaux qu’ils avaient envie de jouer, ils m’ont aussi soumis des choses. L’idée est aussi de donner une couleur un peu Sacre du tympan avec pas mal de cuivres, tout en conservant l’esprit guitare.

Qu’est-ce qui te plaît dans la musique de Neil Young ?
Ce que j’adore chez Neil Young, c’est le choix de ses tempos, le balancement de ses morceaux, comme chez Isaac Hayes d’ailleurs. Le tempo, c’est un des premiers trucs qui m’accrochent. Il y a toujours une finesse dans les accords et la mélodie, mais sa musique peut aussi être très brute, comme dans Cortez The Killer où tu n’as que trois accords en boucle. Ensuite, ses riffs sont sublimes. Il n’y a qu’à écouter la BO de Dead Man pour s’en rendre compte, on dirait du Bill Frisell.

As-tu une période de prédilection dans la longue discographie de Neil Young ?
Toutes ses périodes sont intéressantes, mais ma période préférée est peut-être celle d’avant Harvest. Mon album préféré est Everybody Knows This Is Nowhere. Il y a aussi le Live At Massey Hall en solo qui est parfait de bout en bout. Il est intouchable, au sommet de son art. J’aime beaucoup Trans également. Chez Neil Young, il y a du bon dans presque tout.
Christophe Geudin - muziq.fr

 

 


FRED PALLEM direction, guitares, claviers, chant Fred Pallem • batterie Emiliano Turi • chant Juliette Paquereau • saxophones Frédéric Gastard • guitares, chant Guillaume Magne • basse électrique Jean-Marc Peletan • trompette, bugle Sylvain Bardiau • trombonne ténor Matthias Mahler

HUGH COLTMAN voix Hugh Coltman • guitare Thomas Naim • piano Gaël Rakotondrabe • contrebasse Christophe Mink • batterie Raphaël Chassin