JE SUIS LA BÊTE

création 2017|2018
Anne Sibran I Pierre Badaroux • Cie (Mic)zzaj

Après L’histoire de Clara, Danbé et Clima(x), Pierre Badaroux revient à L’apostrophe, poursuivant son exploration d’une double‐narration tissée à la fois par la voix et par la musique. Avec Je suis la bête, il s’empare du roman éponyme d’Anne Sibran (paru en 2007) et fait entendre les bruissements de la forêt. Voix de la narratrice, violoncelle, contrebasse, guitare et dispositif électronique racontent, à travers quatorze haut‐parleurs, l’histoire de cette enfant de deux ans sauvée et élevée par les animaux des bois. Variation sur le thème de l’enfant sauvage, Je suis la bête plonge littéralement le spectateur dans un univers insolite et sensoriel, à la lisière de l’humanité et de l’animalité.

 

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NOTE D'INTENTION

Autour d’un récit narratif et poétique, variation sur le thème de l’enfant sauvage, Je suis la bête s’inscrira dans une narration plurielle, autour d’une comédienne et de trois musiciens. Dans une imbrication totale avec ce texte puissant, organique, qui explore la lisière entre humanité et animalité dans une langue constamment réinventée, la création sonore et musicale amplifiera le récit d’une nouvelle  dimension. Elle se nourrira de sons captés en forêt, de leur transformation, de sons abstraits et du grincement, frottement, consonances et dissonances des instruments à cordes (contrebasse, violoncelle, guitare). Le tout sera diffusé dans un dispositif immersif via un système ambisonique (14 hauts-parleurs) qui déterminera un espace commun pour les artistes et le public. Cette immersion au coeur du sonore doit révéler l’intensité poétique, onirique, fantastique, dramatique de ce roman singulier, que selon Anne Sibran, “chacun va traverser, percé de vibrations et de mystères”.

Une adaptation du roman d'Anne Sibran
Je suis la bête, c’est l’étrange monologue d’une enfant abandonnée, à 2 ans, au fond d’un placard, dans une maison perdue au milieu d’une forêt “ sans chemin ni personne “. Sauvée par une chatte grosse, elle va peu à peu s’ensauvager, apprendre à chasser, à survivre en forêt, jusqu’au jour où elle retrouve les humains.En exploratrice du grand mystère de l’être-animal, l’auteure cherche à faire entendre la langue musicale et sauvage de ce tréfonds opaque où bruisse la vie. « Une partition frémissante » que l’oreille d’un musicien perçoit bien volontiers et qui a donné tout son sens à l’idée d’un spectacle en forme de double narration, où la langue et la musique/le son chemineraient ensemble.

La création musicale et sonore
Ainsi ce récit singulier, empli de sonorités et de vibrations, a-t-il inspiré la création originale d’un microcosme sonore. Celui-ci se construira à partir de captations de sons réels dans la nature, de la transformation de ces  enregistrements, de leur mélange avec des sons non figuratifs, la musique acoustique et la voix de la comédienne.Le travail d’écriture musicale, pour violoncelle et contrebasse, guitare préparée, voix, s’appuiera sur les timbres des cordes frottées, du souffle qu’elles produisent, des craquements et grincements, autour des chants intérieurs de la forêt et de ses animaux (“…car les bêtes n’ont pas la parole”) naissant des silences et des bruits de la nature. Faire apparaître des mélodies, des voix instrumentales, des continuum, contre-champs ou “ailleurs” du texte, voix intérieures de la forêt et de l’enfant. Associer cette création faite de sons abstraits, de paysages sonores (transformés), et d’instruments de musique à un texte poétique et narratif (une forme de conte ?) pour plonger l’auditeur-spectateur dans un univers sonore inouï, étonnant, nouveau.

Un dispositif immersif
Après plusieurs spectacles utilisant l’écoute au casque (“l’Histoire de Clara”, “Danbé”,“A l’impossible on est tenu”…), différents dispositifs de multidiffusion (“Clima(x)”, nombreux cinéma-concerts…) nous souhaitions continuer la recherche autour d’un système de diffusion (et d’écoute) immersif. Tant pour ce qu’il implique d’une relation différente au spectacle, et au public, (pas de frontalité, des points de vues multiples sur le plateau), que pour l’écoute qu’il procure.Ainsi, la rencontre avec l’enregistrement et la diffusion “ambisonique” a été décisive. En effet, ce dispositif pas ou peu employé dans le spectacle vivant, permet une écoute de qualité quasiment égale pour tous les spectateurs, quelque soit leur position dans l’espace, à la différence d’une multidiffusion classique. La prise de son “ambisonique” repose sur 4 capsules coïncidentes qui captent droite/gauche, haut/bas, avant/arrière, et la somme. La diffusion du son consiste en un matriçage de ces 4 pistes vers un nombre X de haut-parleurs (dans notre cas, ce sera 14 haut-parleurs), disposés selon un cube en trois dimensions. Cette prise de son reflète (fidèlement) la perception de l’oreille humaine, qui comprend la source d’émission du son, mais également toutes ses réflexions. Ainsi   l’auditeur se trouve transporté dans l’univers sonore initial de l’enregistrement.Mais qu’importe le “réalisme”, ce système est simplement cohérent, invite au rêve, est un véritable espace de création aussi réaliste qu’onirique. Il n’en fallait pas moins pour avoir le désir d’associer à la scène cet immense champs des possibles sonores, au texte de Anne Sibran, lui-même si sonore, et recelant tant d’un monde réel et fantasmé.

 


d'après le roman d'Anne Sibran (édition Gallimard, collection Haute Enfance) • conception et composition Pierre Badaroux • avec Odja Llorca (voix), Pierre Badaroux (contrebasse, et électroacoustique), Didier Petit (violoncelle), Vivien Trelcat (électroacoustique) • création sonore Pierre Badaroux, Vivien Trelcat • conseil à la mise en scène Philipp Weissert • scénographie Barbara Kraft • création lumière Nicolas Barrauddispositif ambosonique Vivien Trelcat • régie son Jean‐Pierre Cohen • régie générale et lumière Fredéric Gillmann©C. Sibran

production compagnie (Mic)zzaj • coproduction Théâtre Nouvelle Génération ‐ centre dramatique de Lyon, Dôme Théâtre ‐ scène conventionnée d’Albertville, La Méridienne ‐ scène conventionnée de Lunéville, Théâtre des Quatre Saisons ‐ scène conventionnée de GradignanI Théâtre d’Aurillac ‐ scène conventionnée, Agglomération Sud Pays Basque, Communauté de communes Cœur de Tarentaise • soutien Scènes et Territoires en Lorraine, Espace Malraux scène nationale de Chambéry et de la Savoie,  La Chartreuse ‐ CNES de Villeneuve-lez‐Avignon, CENTQUATRE / Paris, L’apostrophe scène nationale de Cergy‐Pontoise et du Val d’Oise, Les Arts Improvisés • Je suis la bête a reçu l’aide à la création de la Région Auvergne Rhône‐Alpes • La compagnie (Mic)zzaj est conventionnée par la DRAC Auvergne‐Rhône‐Alpes et le Conseil Départemental de Savoie. 

AUTOUR DU SPECTACLE 

durée estimée 1h15

PARTENAIRE(S)