L’AMPHITHÉÂTRE SANGLANT

Jean-Pierre Camus, Florence Beillacou
Baroque et cruel, à la lueur des bougies

Tremblez, mécréants ! Les « nouvelles tragiques » de Jean-Pierre Camus, zélé prédicateur du XVIIème siècle naissant, évoquent avec force détails les rudes et sanglants châtiments réservés à ceux qui emprunteraient les voies du mal et du vice. Mais l’auteur ne se délecte-t-il pas lui-même des descriptions imagées de carnages, et du sadisme des personnages ? En exhumant ces textes, Florence Beillacou, jeune metteure en scène, y décèle un théâtre de la Cruauté avant l’heure. Dans une ambiance qui tient du cabinet de curiosités, éclairé à la bougie, avec violoncelle à la clé (Louise Amazan) en costumes et diction d’époque (Vivien Guarino), elle retourne aux sources du baroque, violentes et terrifiantes, mais aussi gourmandes et jubilatoires. 

• durée estimée du spectacle : 1h20

 


NOTE D’INTENTION
Si le XVIIe siècle passe aujourd’hui pour l’époque du classicisme triomphant, siècle du cogito de Descartes, de l’homme guidé par sa raison, et de L’Art poétique de Boileau, prônant un idéal de clarté et de transparence, il a pourtant été aussi un temps de désordre et de doutes, hanté par des peurs invincibles liées aux traumatismes des guerres de religion, aux superstitions des siècles passés mais également aux découvertes de la science, synonyme de progrès mais aussi d’angoisses pour beaucoup. C’est cette part obscure du XVIIe siècle, surprenante aujourd’hui, que L’amphithéâtre sanglant explore, à travers la mise en scène, selon les codes de représentation baroque, de textes dessinant un XVIIe siècle furieux, au bord du gouffre de la violence et de la folie.

Après avoir redécouvert la tragédie classique en montant Suréna de Corneille, la compagnie La Lumineuse revient aux sources du baroque, violentes, sanglantes, terrifiantes et jubilatoires, en proposant un spectacle théâtral et musical autour des "histoires tragiques" de Jean-Pierre Camus. Au cœur de cet Amphithéâtre sanglant, la parole et la musique baroques renouent avec le mystère et explorent les instincts les plus obscurs de l'âme humaine.

Dans l'antre d'un chercheur d'absolu, tout à la fois philosophe, prédicateur et alchimiste, un comédien et une musicienne racontent une série de faits divers particulièrement horribles, pour l'édification mais surtout le plaisir des spectateurs : plaisir de l'humour noir, d’une rhétorique habile, pleine d’images propres à les impressionner, mais aussi et peut-être surtout plaisir trouble et pervers d’un récit qui se complait dans le spectacle du mal, plaisir noir, celui d'un théâtre - baroque - de la cruauté.

 

 


création Compagnie Lumineuse • texte Jean-Pierre Camus • mise en scène Florence Beillacou • avec Louise Amazan (violoncelle baroque), Vivien Guarino • costumes Elise Cribier-Delande • scénographie Lara Hirzel

programme de salle: