LES MÉMOIRES D’UN SEIGNEUR

création 2015|2016

♦ INTERVIEW / Olivier Dubois sur la radio RGB 99.2 FM (juin 2015)
Olivier Dubois
La solitude de l’homme de pouvoir

Appelons-le Hadrien, Marc-Aurèle, Caligula, Alexandre-le-Grand, Gengis Khan… Ou, plus près de nous, Ceausescu, Saddam Hussein, Kadhafi ? Des tyrans défaits, des « rois triomphants, dépourvus de leur être par la nation. » Un même archétype : la solitude de l’homme de pouvoir, qui va de la gloire à l’oubli en passant par la déchéance de tous ses attributs. Pour en figurer le destin, Olivier Dubois (récemment nommé à la direction du Ballet du Nord après avoir été de 2012 à 2014 chorégraphe en résidence à L’apostrophe) imagine « un voyage au long cours baigné de théâtre élisabéthain » avec un danseur soliste, Sébastien Perrault, confronté au décor vivant d’un choeur masculin de 40 interprètes. Seul contre tous ?

• durée estimée du spectacle : 1h

NAVETTE Aller / Retour L'apostrophe <> Théâtre Paul Éluard / Bezons
(5€ - sur réservation uniquement)

 


Infatigable défricheur de terres inconnues, Olivier Dubois nous invite à un voyage au long cours. Un périple imprégné de théâtre élisabéthain, des mémoires d’Hadrien, de Marc-Aurèle à Caligula, d’Alexandre Le Grand à Gengis Khan. Olivier Dubois y dessine l’histoire d’un homme, d’une immense solitude. Celle d’un roi triomphant, dépossédé de son être par la nation.

Trois époques traversent la pièce, comme autant d’occasions pour le danseur soliste Sébastien Perrault d’explorer les affres des sentiments qui parcourent le personnage central. Le temps de la gloire, dont il est le héros. Celui de la chute, celle d’un homme devenu tyran. Et enfin celui de l’adieu, de la disparition, le chant du cygne.

En écho, un chœur de quarante interprètes amateurs du Val d’Oise, des hommes, âgés de dix-huit à soixante-dix ans, reflète à ses côtés ses états d’âme, ses altérités. Ils composent aussi un décor vivant, qui devient forêt, méandre, tourment, champ de batailles. À moins que ce ne soit pure folie ou mégalomanie. Sur scène, grâce à eux, la mémoire de l’homme disparu renaît à la vie. Elle contient tout à la fois nos histoires, nos peurs et nos rêves.

 


DANS LA PRESSE
• « La masse homogène des corps est le principe qui guide, comme dans Révolution (2009) ou Tragédie (2012), l’écriture des Mémoires d’un Seigneur. Même schéma directeur : montée en puissance des basses, explosion contenue et intensité des présences. Comme souvent, Olivier Dubois aborde le spectateur par l’inconfort des longues premières minutes qui établissent la répétition ou la lenteur, à se demander ce qui va advenir. L’attention du spectateur est mise à l’épreuve. Elle doit se prêter à l’exigence qu’on lui impose d’abord, pour recevoir ce qui suit. Ce temps est un sas.

« C’est peut-être l’histoire d’un roi, d’une immense solitude » écrit le chorégraphe. L’homme seul est la première et interminable image de la création. Il traverse lentement le plateau sous des variations de lumière, comme des variations du jour. Puis vient la civilisation : le plateau est envahi par les trente hommes qui s’avancent, image grave et puissante. Ils incarnent les chimères qui hantent l’esprit de l’homme de pouvoir et susurrent à son oreille. La partition est binaire : face-à-face entre l’homme seul et la meute uniforme.

Olivier Dubois a parlé par images aux amateurs. Cette course infinie en sens unique, de cour à jardin, c’est le vent ; cette masse de corps grouillant dans l’espace cubique dessiné par le sol, le plateau d’une table et ses quatre pieds, ce sont des serpents, ou bien les entrailles du Seigneur ; ce tas de corps immobiles, c’est le charnier. Ces amateurs-là ont eu la chance de vivre le processus de création, d’être le matériau à modeler du chorégraphe. Les suivants, de ville en ville, apprendront la partition et deviendront, à leur tour, le chœur, décor vivant, « états d’âme » de ce Seigneur en proie à la folle solitude. »
Mouvement.net – 26 juin 2015 – Milena Forest

• Apre, puissante et exigeante, alternant temps cérébral et instants de tumulte, n'accordant aucun moment de répit au spectateur, cette pièce qui fait tant appel aux autres pour mieux parler à soi, poursuit la quête de son créateur, bien qu'abordée sous un autre angle, du trouble obsessionnel par le mouvement et d'une nécessaire conscience de la communauté humaine. Intègre.
Xavier Troisille - 12 janvier 2016 - dansomanie.net 

• Des images d'une puissance évocatrice incommensurable.
J.M. Gourreau - 21 février 2016 - critiphotodanse.com


création Ballet du Nord / Centre Chorégraphique National Roubaix Nord-pas de Calais • chorégraphie Olivier Dubois • assistant à la création Cyril Accorsi • interprétation Sébastien Perrault et une quarantaine d’amateurs • musique François Caffenne • direction technique Robert Pereira • lumières, scénographie, décors en cours

Production Ballet du Nord / Centre Chorégraphique National Roubaix Nord-pas de Calais • coproduction en cours

 

programme de salle: 
AUTOUR DU SPECTACLE 

NAVETTE
Aller / Retour L'apostrophe <> Théâtre Paul Éluard / Bezons
(5€)
sur réservation uniquement

 

PARTENAIRE(S) 

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chorégraphe et danseur / Ancien artiste en résidence 
Olivier Dubois