ORFEO

création 2016|2017

♦ INTERVIEW / Florent Hubert sur la radio RGB 99.2 FM (mars 2017)

Je suis mort en arcadie

Monteverdi, Samuel Achache, Jeanne Candel

Avec l’intelligence de la bricole et le sens de l’absurde poétique qui les caractérisent, Jeanne Candel et Samuel Achache s’attaquent cette fois-ci (après les amours torturées de Didon et Enée dans Le Crocodile trompeur / Didon et Enée en 2015 à L’apostrophe) à la descente solitaire d’Orphée aux confins du monde. À partir de la musique et du livret de Monteverdi, ils voguent vers d’autres horizons, mêlant musique ancienne et jazz improvisé, matière brute de l’opéra et matériaux multiples. Un grand morceau de ciel suspendu aux cintres, un précipité de forêt enfermé dans un vivarium… et c’est tout un paysage qui accueille cette « histoire du chagrin, qui tel un grand marécage se répand et inonde sans bruit l’existence ».

« Il chante, assis au bord d’un ciel splendide, Orphée ! » Paul Valéry

 

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NOTE D'INTENTION

"Pour poursuivre notre recherche entamée avec Le Crocodile trompeur / Didon et Énée sur la théâtralité du geste musical et la musicalité du geste théâtral, nous travaillerons sur, avec, autour de «l’opéra-laboratoire» de Monteverdi : Orfeo. Monteverdi compose au sens où il agence des langages différents qui racontent des étapes, des pauses, des paliers, des transformations comme les cercles de l’enfer et du paradis chez Dante. C’est ainsi qu’il compose le premier opéra, non dans la pureté d’un langage mais à travers les formes musicales dont il dispose à la frontière entre la Renaissance et le monde baroque, la polyphonie ancienne et la monodie accompagnée, l’harmonie des sphères et l’expression des affects, le monde païen et le monde chrétien, la tragédie et la messe. Il ne choisit pas, il passe, il glisse."
Samuel Achache, Jeanne Candel et Florent Hubert

 

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LA PRESSE EN PARLE

« Comme à chaque fois dans les spectacles débridés de Samuel Achache et de Jeanne Candel, l'introduction déroute : la Musica, trempée de larmes, s'épanche ; une nymphe, aux airs de mamma, philosophe longuement avec son vieil ami... Puis Amour et Pan font leur entrée fracassante et la machine infernale de cet Orfeo Je suis mort en Arcadie (créé à la Comédie de Valence début janvier) se met en marche. S'impose alors une vision fantasque et réjouissante du chef-d’œuvre de Monteverdi et, plus largement, du mythe d'Orphée (amour et mort, pouvoir de l'art, sublimation par les idées...). Deux heures durant, le public, piqué au vif, goûte l'enfer et le paradis.

Le couple d'artistes, à la tête de sa troupe incandescente, "La Vie brève", cultive avec bonheur le choc des formes et des cultures. Le premier opéra de l'histoire (créé à Venise en 1607) devient un spectacle total, où théâtre et chant se marient, dans un jeu de perpétuelle transgression. Florent Hubert, directeur musical, réussit le prodige de conserver l'essentiel de l'œuvre de Monteverdi, en multipliant les échappées belles orchestrales (folk ou jazz, voire contemporaines), jusqu'à illustrer la montée au ciel finale d'Orphée par un extrait des Ruckert Lieder de Mahler, interprété par Eurydice. Les interprètes, exceptionnels, sont tous polymorphes : comédiens, musiciens, chanteurs. Dans le rôle d'Orphée, Jan Peters n'a pas paru au meilleur de sa forme vocale lors de la première parisienne aux Bouffes du Nord (associé au Théâtre de la Ville), alors que l'Eurydice de Marion Sicre et la Musica de Marie-Bénédicte Souquet séduisaient par leur finesse et leur justesse.

Les intermèdes théâtraux, à la fois bur­lesques, absurdes et philosophiques, sont souvent irrésistibles (le dialogue surréaliste entre Charon et Cerbère, la conférence sur l'origine des larmes). Les gags délirants, très physiques, inventés sur le plateau par le collectif, font mouche. Achache et Candel savent aussi produire de belles images fortes : l'Arcadie symbolisée par des ruches et des apiculteurs ; la serre, en fond de scène, bariolée puis nettoyée pour abriter les Enfers ; Eurydice suspendue aux bras d'Orphée, perché sur le toit, sa robe de mariée touchant terre ; l'entrée des musiciens telle la fanfare de Kusturica...

Le rire tutoie la poésie et la mélancolie, rendant plus que jamais intemporels le combat d'Orfeo pour arracher l'être aimé à la mort et les notes célestes de Monteverdi. »
Les Echos – Philippe Chevilley – janvier 2017
 

• "Patchwork mythologique dont toutes les pièces sont incarnées, jouées et chantées par une troupe d’une connivence inouïe" - Lire l'ensemble de l'article
Libération - 19 janvier 2017 - Guillaume Tion

Ecoutez le reportage de Stéphane Capron sur Orfeo pour France Inter, le 17 janvier lors de la première à la comédie de Valence

 


Théâtre des Bouffes du Nord / La vie brève • d’après L’Orfeo de Monteverdi et Alessandro Striggio et autres matériaux  • mise en scène Samuel Achache et Jeanne Candel • arrangements musicaux sous la direction de Florent Hubert • sécnographie Lisa Navarro • accessoires François Gauthier-Lafaye • lumières Jérémie Papin • costumes Pauline Kieffer assistée de Camille Pénager • masque Loïc Nébréda • chef de chant Nicolas Chesneau • composition théâtrale et musicale écrite et arrangée par La vie brève avec Matthieu Bloch (le vieil ami), Anne-Emmanuelle Davy (La Messagère, une Nymphe), Vladislav Galard (Pan, Charon), Anne-Lise Heimburger (La Mamma, Proserpine), Florent Hubert (un apiculteur, Pluton), Clément Janinet (lance la pièce pour la mort d'Eurydice), Olivier Laisney (Alain), Léo-Antonin Lutinier (Amour, Cerbère), Thibault Perriard (Dionysos, l'homme des larmes), Jan Peters (Orfeo), Marion Sicre (Eurydice), Marie-Bénédicte Souquet (La Musica), Lawrence Williams (l'apiculteur chanteur) • régie générale et plateau Serge Ugolini • régie lumières Maël Fabre, Florent Oliva (en alternance) • habillage Isabelle Granier

production C.I.C.T. / Théâtre des Bouffes du Nord, La vie brève • coproductions associées La Comédie de Valence - CDN Drôme Ardèche, Les Théâtres de la ville de Luxembourg, Le Théâtre de Lorient – Centre dramatique national • coproduction Espace Jean Legendre - Théâtre de Compiègne Scène nationale de l'Oise en préfiguration, Théâtre de Caen, Les Subsistances / Lyon,  Théâtre Garonne – scène européenne, Le Quai CDN Angers Pays de la Loire, Le Grand T - Théâtre de Loire-Atlantique, Théâtre de la Cité Internationale, Cercle des partenaires des Bouffes du Nord, Les productrices Associées • soutien Pôle Culturel d'Alfortville • aide Arcadi Ile-de-France, ADAMI, SPEDIDAM • Action financée par Région Île-de-France • Construction des décors Ateliers des Théâtres de la Ville de Luxembourg • remerciements à Geoffroy Jourdain, Alain Perroux, Gilles Achache, Odile Trimolin • La vie brève est conventionnée par la DRAC Ile de France et bénéficie du soutien de la DGCA • Samuel Achache et Jeanne Candel sont membres du Collectif artistique de La Comédie de Valence - CDN Drôme-Ardèche. Jeanne Candel est artiste associée au Théâtre de la Cité Internationale et au Théâtre de Lorient - Centre Dramatique National. La vie brève est une compagnie associée au Théâtre Garonne.

programme de salle: 
AUTOUR DU SPECTACLE 

• rencontre avec l’équipe artistique
à l’issue de la représentation du 17 mars
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durée annoncée 2h30
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• âge 12 ans et +
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Stage WEEK-END THÉÂTRE & MUSIQUE
avec Marion Sicre, interprète d’Orfeo de Samuel Achache et Jeanne Candel
>vendredi 10 mars 19h à 22h
>samedi 11 mars 14h à 22h
>dimanche 12 mars 11h à 18h
L’-Théâtre des Arts / Cergy-centre

Réservez en ligne pour le stage