STEFANO DI BATTISTA

Woman’s land

Le saxophone des muses

Son goût des tempos intrépides ne l’empêche pas d’entretenir la flamme d’un certain lyrisme. À la barre de son saxophone, l’Italien Stefano di Battista a su conquérir les amateurs de jazz tout autant que le grand public. Son énergie généreuse n’y est pas pour rien. Tout au long des 16 titres de Woman’s land, il rend hommage à quelques-unes des grandes figures féminines du XXe siècle, de la chanteuse Ella Fitzgerald à l'héroïne de jeux vidéo Lara Croft. Swing des années 30 pour évoquer Coco Chanel, ballades sensuelles dans les sillages de Joséphine Baker et d’Anna Magnani, ou encore accents coltraniens pour dialoguer avec la Molly Bloom de James Joyce, Stefano di Battista nous embarque dans le tourbillon de ses muses.

 


BIOGRAPHIE
Altiste fougueux aux tempos intrépides ou bien lyriques, Stefano Di Battista cultive une virtuosité sur le saxophone et une présence sur scène qui en ont fait l’un des musiciens les plus remarqués en France, des amateurs comme du grand public. Adepte des traits véloces, il n’oublie pas de laisser parler sa fibre italienne sur les ballades, qui le porte au chant et à l’expressivité.

C’est durant son enfance dans les environs de Rome que Stefano Di Battista s’initie à la musique, dans un orchestre de quartier. Ayant débuté le saxophone à l’âge de treize ans, il s’intéresse au jazz par le biais de disques d’Art Pepper et de Cannonball Adderley, deux musiciens qui resteront des influences durables. Il suit une formation académique avant de commencer dans la variété. La rencontre avec Massimo Urbani (1957-1993), saxophoniste alto italien joue également un rôle déterminant dans son ambition à devenir un musicien de jazz.

Encouragé à se rendre à Paris par le pianiste Jean-Pierre Como qui l’a entendu en 1992 au festival de Calvi, Stefano Di Battista séduit plusieurs musiciens de la capitale française qui lui mettent le pied à l’étrier, notablement le batteur Aldo Romano et le chef d’orchestre Laurent Cugny qui lui fait une belle place dans l’ONJ qu’il constitue en 1994. Il maintient tout de même des liens étroits avec la communauté des jazzmen italiens, enregistrant notamment avec ses compatriotes Enrico Rava (1996), Rita Marcotulli (1998), Daniele Scannapieco (2003) et Dario Rosciglione (2004).

L’impétuosité du saxophoniste, son goût pour les tempos casse-cou, sa générosité communicative et son impressionnante aisance à jouer dans le registre néo-bop frappent les esprits. Son premier album Volare (1997) est un succès commercial. Si Stefano Di Battista recherche une forme de singularité, c’est au travers d’une vélocité et d’un goût du risque qu’elle se manifeste, et non dans l’expérimentation. Sa carrière est jalonnée de plusieurs rencontres avec des musiciens américains qui font office de « gardiens de la flamme » (Jimmy Cobb, Walter Booker, Nat Adderley…) et dont le parcours reste étroitement lié à l’une de ses références majeures, Cannonball Adderley. En 1997, il fait partie d’un sextet assemblé par le pianiste Michel Petrucciani dont le troisième « soufflant » est le tromboniste Bob Brookmeyer.

Formant un quartet avec le pianiste Eric Legnini, le contrebassiste Rosario Bonaccorso et le batteur Benjamin Henocq (par la suite remplacé par André Ceccarelli), Stefano Di Battista incarne rapidement l’image d’un saxophoniste généreux et énergique, au style flamboyant dont témoigne le disque A prima vista. En 2000, il convie Elvin Jones à participer à son troisième album : en studio, il conquiert le cœur du légendaire batteur qui l’intègre pendant quelques semaines à sa Jazz Machine. L’expérience transporte le saxophoniste italien marqué, comme la grande majorité de ses confrères, par l’aura de John Coltrane.

Alors qu’il demeure l’un des musiciens les plus actifs dans l’Hexagone, l’année 2003 voit la parution d’un quatrième album très ambitieux, Round About Roma, hommage à sa ville natale orchestré pour cordes qui rappelle l’attachement du saxophoniste aux compositeurs de musiques de film italiens et à la tradition lyrique de son pays natal.


saxophones Stefano di Battista • piano Andrea Rea • contrebasse Daniele Sorrentino • batterie Roberto Pistolesi

programme de salle: 
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