THE LAST SUPPER

Ahmed El Attar
Une satire de l’élite égyptienne

La charge est féroce. Figure incontournable de la scène indépendante au Caire, fondateur du théâtre Falaki et du Downtown Contemporary Arts Festival, Ahmed El Attar dresse, dans The Last Supper, un portrait cinglant de l’élite économique égyptienne. La chute du régime de Moubarak semble ne pas avoir entamé l’arrogance d’une caste pour laquelle le peuple n’est que « tas de cafards ». Attablés pour un dîner familial, treize personnages conversent de tout et de rien. Futilité, autoritarisme, allusions maladives à l’argent : dans un art consommé de l’oralité et une mise en scène parfaitement maîtrisée, Ahmed El Attar révèle, sous le vernis des richesses extérieures, l’égoïsme et la superficialité d’une bourgeoisie que l’on disait autrefois « éclairée ».

• durée estimée du spectacle : 1h
• spectacle en arabe surtitré en français

 


Une famille égyptienne aisée se réunit pour dîner. Au menu de ce banquet, le spectacle d’Ahmed El Attar nous présente nihilisme, absurdité et apathie.

Les personnages sont des stéréotypes de la bourgeoisie égyptienne et arabe contemporaine; chacun d’entre eux caractérise une attitude intériorisée et percluse dans des idées préconçues que leur gestuelle et comportements trahissent. Cette riche famille, caricaturale, met en scène dans The Last Supper le vide qui ronge leur vie, leur incapacité à voir la réalité, leurs illusions au sujet de l’abondance, l’impossible échange : un microcosme confiné ou ce qu’est devenue la société égyptienne.

Le processus de création de la pièce repose sur le développement indépendant mais simultané du texte et des personnages. En imaginant l’univers de la pièce, puis des personnages existant en dehors des frontières de cet environnement, le metteur en scène permet le développement organique de ses personnages, tout en les intégrant au texte. L’évolution parallèle de ces deux éléments - le texte et les personnages - permet au metteur en scène de préserver mais aussi de résister à la “théâtralité du théâtre”.

Cette approche n’impose pas aux acteurs un texte écrit au préalable, et elle ne repose pas non plus sur le produit des improvisations des acteurs. En fait, les personnages fictifs sont développés dans le contexte d’un texte satirique, avec lequel ils établissent un rapport d’interaction. A partir de cette relation entre le texte et les acteurs/personnages, le metteur en scène poursuit l’écriture de manière évolutive. Ce spectacle est le fruit d’un processus de création organique, vivant et flexible.

 


LA PRESSE

•  Découvrez-en plus au sujet de "The Last Supper" avec Ahmed el Attar dans l'émission Les Nouvelles Vagues sur France Culture jeudi 12/11/2015 de 16h à 17h.

"Les comédiens font montre d’un jeu puissant et ravageur, et la langue arabe qu’ils insufflent sur le plateau révèle des accents satiriques et perplexes, développant avec fracas la feinte onctuosité d’une famille qui se décompose, puis se recompose dans l’imperfection et l’hypocrisie, dans la faiblesse et la courtoisie, dans le plaisir et l’arrogance. Mohammed El Attar nous livre une comédie subtile, qui dessine avec perplexité l’avenir peu encourageant d’une société étouffée par ses élites grisées par la fascination pour l’opulence et effrayées par le crissement d’un peuple qui souffre de tant de désillusion."
L'alchimie du verbe - rue théâtrale sur la poétique scénique et dramaturgique - juillet 2015

"Festival d'Avignon "The Last Supper", Ahmed el Attar s'invite à la cène" - Inferno 21 juillet 2015

"The Last Supper", la cécité face à la chute - Théâtral Magazine 19 juillet 2015

 


création Temple Theatre Company • texte et mise en scène Ahmed El Attar • avec  Boutros Boutros-Ghali, Mahmoud El Hadad, Ahmed Farag, Mona Farag, Mohamed Hatem, Nanda Mohammad, Ramsi Lehner, Abdel Rahman Nasser, Sayed Ragab, Mona Soliman et Marwa Tharwat • musique Hassan Khan • lumière Charlie Astrom • réalisation sonore Hussein Sami • décors et costumes Hussein Baydoun • traduction française Menha El Battraoui, Charlotte Clary

Production Orient Productions, The Temple Independant Theatre Company • soutien Tamasi Performing Arts Collective, Swedish International Development Agency • coproduction Tamasi Collective • coréalisation T2G – Théâtre de Gennevilliers, L’apostrophe scène nationale de Cergy-Pontoise et du Val d’Oise, festival d’Automne à Paris •  avec le soutien de l'Onda Office national de diffusion artistique • soutien Studio Emad Eddin, Swedish International Development Agency (SIDA)